19-03-2026 | JEUX OLYMPIQUES


Alpes 2030 - Les écologistes veulent un débat public

Les groupes parlementaires écologistes saisissent la CNDP

Saisine de la Commission nationale du débat public (CNDP) par les groupes parlementaires écologistes concernant les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030.

Quatre ans sans que les citoyennes et citoyens aient eu leur mot à dire. Le groupe Écologiste et Social à l'Assemblée nationale et le groupe Écologiste – Solidarité et Territoires au Sénat saisissent aujourd'hui la Commission nationale du débat public (CNDP) pour obtenir l'organisation d'un débat public global sur les Jeux olympiques et paralympiques d'hiver 2030 dans les Alpes françaises.

Depuis le lancement de la candidature en 2022, aucune procédure de participation du public n'a été mise en oeuvre - ni avant le dépôt du dossier, ni après l'attribution, ni avant la signature du contrat hôte olympique avec le CIO. Un déni démocratique documenté, désormais sanctionné : le 26 janvier 2026, le tribunal administratif de Marseille a enjoint la Solideo de procéder aux mesures de publicité requises par le code de l'environnement. Le comité d’examen de la Convention d’Aarhus a également déclaré les recours des associations recevables et demandé à la France de produire une réponse avant le 24 avril 2026. Injonctions restées lettre morte.

L'enjeu est pourtant considérable. Les JOP 2030 constituent un projet unique global - reconnu comme tel par l'Autorité environnementale et par la justice - dont le coût total est susceptible d'atteindre 4,5 milliards d'euros, dont près de 2,5 milliards d'argent public. Son empreinte carbone est estimée par les organisateurs eux-mêmes entre 689 000 et 804 000 tonnes de CO₂, alors que nous devons atténuer le réchauffement qui fait disparaître les glaciers alpins et bouleverse les écosystèmes.

La loi JOP adoptée en février 2026 ne règle rien : elle n'organise qu'une participation en aval, sur les modalités techniques, jamais sur l'opportunité du projet. Ce n'est pas un débat - c'est une mise en scène. Notre saisine, fondée sur l'article L. 121-8 du code de l'environnement, ouvre une tout autre perspective : un débat amont, global, où toutes les options restent sur la table - y compris la remise en cause des choix d'infrastructure les plus lourds. Les habitants et les élus des territoires concernés ont le droit d’être entendus sur les enjeux environnementaux et fi nanciers que soulèvent les JOP 2030.

Les appels d'offres sont lancés, les marchés signés. Le débat public doit avoir lieu maintenant - ou il n'aura jamais lieu.

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