
Patrice Ciprelli, mari et entraîneur de la championne de cyclisme Jeannie Longo (en photo donnat le départ d'une course de ski), a été interpellé mercredi 8 février 2012 dans la matinée par les gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP).
Une perquisition, effectuée mercredi matin au chalet de Patrice Ciprelli et Jeannie Longo, à Saint-Martin-le-Vinoux, près de Grenoble, s'est terminée à 11H30. Trois voitures banalisées de la gendarmerie sont reparties, emmenant un homme allongé sur la banquette de l'un des véhicules, a constaté une journaliste de l'AFP.
L'enquête visait notamment à "vérifier les circonstances dans lesquelles ont été effectués les éventuels achats de produits dopants" par M. Ciprelli "et ceux qui auraient pu y participer". Dans le cadre de cette enquête, les gendarmes auraient identifié "au moins cinq opérations suspectes" opérées par Patrice Ciprelli auprès d'un fournisseur d'EPO étranger, deux en 2010 et trois en 2011, indique le site internet du journal L'Equipe mercredi. Parmi les trois opérations effectuées en 2011, les enquêteurs auraient récupéré deux factures d'environ 500 euros chacune, identifiant un compte bancaire au nom de M. Ciprelli, ainsi que la nature de la marchandise importée par colis postaux, de l'Eprex, EPO de première génération, ajoute le quotidien sportif. Michel Lucatelli, directeur de l'équipe de France de skicross, serait allé chercher un colis pour son ami Patrice Ciprelli, selon L'Equipe.
Les deux hommes sont suspectés de «contrebande de marchandises dangereuses pour la santé» et «infraction aux règlements sur le commerce de substances vénéneuses», selon le parquet de Grenoble. En fin d'après-midi, Patrice Ciprelli et son ami Michel Lucatelli ont été déférés devant le procureur de Grenoble qui a décidé de prolonger leur garde à vue de 24 heures à compter de jeudi matin, a indiqué M. Coquillat à l'AFP.
De son côté, La Fédération Française de Ski "a pris note des informations relayées dans la presse concernant le rôle supposé de Michel LUCATELLI, Chef de l’Equipe de France de Ski Cross, dans le cadre de l’affaire dite « Ciprelli – Longo » D’ores et déjà, et à supposer que les faits reprochés à Michel LUCATELLI soient avérés, la FFS exclut formellement toute relation entre cette affaire d’ordre strictement personnel et la gestion des Equipes de France de Ski Cross dont Michel LUCATELLI a la charge au sein de la Fédération Française de Ski."
Mise à jour 9 février
Le mari et entraîneur de Jeannie Longo, Patrice Ciprelli, a reconnu avoir acheté de l'EPO "pour son usage personnel", a annoncé à l'AFP son avocat Me Pierre Albert. "Patrice reconnaît qu'il a acheté de l'EPO pour son usage personnel car il a fait l'objet d'accidents de vélo répétés ces dernières années" et que l'EPO est "un reconstituant musculaire", a précisé Me Albert. "Il l'a caché à Jeannie (Longo) et l'a fait livrer à un copain (Michel Lucatelli) pour qu'elle ne s'en aperçoive pas", a-t-il ajouté. Patrice Ciprelli doit être présenté à un juge d'instruction demain matin dans le cadre d'une information judiciaire ouverte par le parquet de Grenoble et portant sur deux achats présumés d'EPO en mai et juin 2011. Le juge d'instruction devrait alors décider d'une éventuelle mise en examen de M. Ciprelli, en garde à vue à la gendarmerie de Grenoble depuis hier matin. Il y aura "obligatoirement" une mise en examen, a estimé Me Albert, affirmant que c'était "une protection car on pourra enfin connaître le dossier". L'avocat a précisé qu'il contesterait la régularité de la procédure lancée contre M. Ciprelli. L'enquête préliminaire du parquet de Grenoble a été ouverte "sur des faits qui n'étaient pas fautifs en 2007 et auraient de toute façon été prescrits", a-t-il souligné.
Avec AFP
En photo (E. Defrenne), Jeannie Longo, donnant le départ lors d'une course de ski de fond en 2009.
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